jaipaslaref.

jaipaslaref — guide

L'argot des Hauts-de-France : guide complet du parler ch'ti

Du « wé » chaleureux à la « drache » qui trempe en un instant, tour d'horizon du parler ch'ti.

Dans les Hauts-de-France, on ne parle pas seulement français : on parle aussi ch'ti, un parler hérité du picard qui reste bien vivant dans les conversations du quotidien, du Nord-Pas-de-Calais aux Flandres. Ce dialecte doit sa richesse à une histoire minière et frontalière, marquée par une forte solidarité entre habitants et par des influences flamandes et wallonnes. Beaucoup de mots ch'tis ont même dépassé le cercle du patois pour s'installer durablement dans le français régional, employés aussi bien par les grands-parents que par leurs petits-enfants. Ce guide rassemble les expressions les plus emblématiques du Nord, pour comprendre ce qui se dit vraiment autour d'une bistoule ou dans un estaminet.

Se saluer et prendre des nouvelles

Dans le Nord, on ne se contente pas d'un simple « au revoir » : on dit plutôt « on s'dit quoi », une formule qui sous-entend qu'on va se recontacter très vite. C'est une manière chaleureuse de se quitter, qui illustre bien la convivialité nordiste.

Pour prendre des nouvelles de quelqu'un, l'expression passe-partout est « ça va toudis ? », littéralement « ça va toujours ? ». Elle sert dans toutes les situations, un peu comme un « comment ça va ? » universel.

Le « oui » se prononce « wé » en ch'ti, l'une des marques les plus reconnaissables de l'accent du Nord, souvent imitée pour caricaturer la région.

Le climat et la maison

Impossible de parler du Nord sans évoquer la pluie : quand une averse forte et soudaine trempe en quelques secondes, on dit qu'il y a de la « drache ». Le mot est utilisé quotidiennement pour distinguer une simple pluie fine d'une vraie drache qui ne pardonne pas.

Autre mot increvable du patois nordiste : « une wassingue », qui désigne tout simplement la serpillière utilisée pour laver le sol. C'est l'un des termes picards les plus employés au quotidien, y compris par des habitants du Nord qui ne parlent pas le patois par ailleurs.

Manger, boire et faire la fête

Le Nord a son propre lieu de convivialité : l'estaminet, l'ancêtre des cafés-bars, où l'on venait traditionnellement boire un verre et jouer à des jeux traditionnels. On y sert parfois « une bistoule », un café additionné d'une rasade de rhum ou de genièvre, une tradition très appréciée l'hiver.

Impossible d'oublier la « ducasse », la fête foraine ou fête de quartier annuelle qui rythme la vie de village dans tout le Nord et en Belgique, avec ses manèges et ses stands. Le mot vient à l'origine de « dédicace », en référence à la fête de l'église paroissiale.

Les mots tendres et les traditions locales

Un « quinquin », c'est un petit enfant ou un bébé — le mot vient de la célèbre berceuse lilloise « Le p'tit quinquin », écrite au XIXe siècle par le poète Alexandre Desrousseaux et restée dans le langage courant nordiste.

Lors du carnaval de Dunkerque, les carnavaleux « font des chapelles » : ils s'arrêtent chez des proches sur le trajet du défilé pour partager un verre avant de repartir dans le cortège, une tradition qui résume bien l'esprit de partage nordiste.

Expressions citées dans cet article

Voir toutes les expressions de Hauts-de-France

À lire aussi